Je ne laisserai pas de Mémoires
Les bégayements poétiques ne sont que des vers à moitié vides
J’accepte Hamlet et Macbeth, mais je n’accepte pas Shakespeare
La poésie n’est pas la tempête, pas plus que le cœur humain
N’est un sismographe
Je remplace le courage
Par la mélancolie
Le travail
Par la paresse
La certitude
Par le doute
Les confessions
Par la défécation
L’hostie
Par le vin
L’ascension
Par la chute
Le calme
Par la névrose
La mer
Par les gravats
La fleur
Par la racine
La poésie
Par le rêve
Le rêve
Par l’hallucination
L’hallucination
Par la méthode expérimentale.
Il n’existe pas deux genres d’écrivain
Il n’en est qu’un
Qui ne détourne pas le regard
Mais qui seul
Détourne
Les mots
Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l’ordre physiques ou moral, l’esprit de négation, les abrutissements, les prophéties servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu’il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie, l’inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impitiés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le spleen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes,
Ce que le lecteur préférerait ne pas éprouver,
Les grimaces, les exagérations, l’absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d’assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l’enfant, la désolation, la camelote intellectuelle, les chancres parfumés, la culpabilité des écrivains qui roulent sur la pente du néant et se méprisent eux-mêmes avec des cris joyaux ou larmoyants selon les saisons et la météo, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues, les crachats, l’idolâtrie, la vermine, les préfaces, les caducités, les impuissances, les blasphèmes, les asphyxies, les étouffements, les plagiats, les rages
Comme une fièvre
Tout le feu de l’enfer
Ne suffirait pas
À émonder le sang
Du cœur humain.
*
U.R.S.S. // LA ME”THODE EXPE”RIMENTALE


Lascia un commento